Comment l'Impromantisme est né ?
Histoire d'un courant intimement lié à un parcours de vie
Mon incursion en peinture a commencé par un besoin de couleurs et la réalisation de grands paysages minéraux où l’expérimentation autodidacte s’exprimait.
À l’époque, j’exerçais le métier de bibliothécaire spécialisée dans les littératures de l’Imaginaire, notamment la Fantasy qui prête une grande importance à la nature et son essence quelque peu magique. Très vite, les arbres sont venus coloniser mes toiles et avec eux,spontanément, une recherche de lumière.
Considérant que la nature est le plus grand architecte, je suis donc partie en quête de la bonne technique pour représenter mes paysages intérieurs forestiers et «émerveillonnants », peuplés principalement d’éléments végétaux puis de rivières, sous des cieux nécessairement rayonnants.
Devenus mon champ de perspective et de travail, les forêts et les arbres n’ont cessé d’évoluer au cours des 20 années qui ont suivi.
Si j’étais née au Japon, deux mots pourraient contenir mes inspirations :Shinrin-yoku et Komorebi
Deux autres, les sentiments qui m’habitent lors de ma pratique :Kibou no yume et Natsukachi
Les arbres... ces « décors » classiques de toiles figuratives sont devenus mon sujet, passant d’ornement utile à environnement primordial :plusieurs séries, toujours en cours, retrace mon regard sur les forêts ou les arbres et l’amour que je porte à la nature. Même mon nom de famille semble me guider sur les chemins menant au bois : fraisse, variante de l’occitan, signifie bois de frêne. Enfin, j’ai une pratique de l’écriture qui remonte à l’enfance et la plupart de mes œuvres s’accompagnent d’un poème ou d’une accroche relatant comment la toile est née. De l’arbre au papier : mise en abîme de cette autre passion qui est intimement liée à ma peinture.
Dans presque chacune de mes toiles, vous pouvez suivre un chemin : un sentier, un nuage, une rivière vous conduisent à marcher dans mon univers. C’est la voie cachée de ma peinture, sa trame, son moteur. Le regard suit un paysage et le cœur en invente les histoires : j’arpente la vie avec une âme curieuse et mutine, qui sait ré-enchanter le monde pour y créer un refuge, convaincue que tout arrive toujours pour le mieux.
Toutefois, connaître ce qui guide la main, il m’a fallu comprendre comment m’inscrire dans l’histoire de l’art. Cherchant à définir ma peinture au croisement de plusieurs courants figuratifs, sûre de l’influence littéraire du réel merveilleux ou réalisme magique sur mes oeuvres, un choix s’est imposé : créer un vocable comportant les imprégnations de ceux qui m’ont précédé : les impressionnistes et les romantiques.
Je nomme donc mon courant : « Impromantisme », fruit d’une logique d’invention pure et spontanée, assez intuitive et exigeante,invitant le spectateur à une joie sereine dans un cheminement à travers mes forêts et cieux teintés d’onirisme.
Un procédé de création intime
J’ai une particularité pour peindre : je ne suis que très rarement debout. J’ai besoin d’être en tailleur, une position méditative et confortable, qui me rapproche de la toile et fait naître des perspectives différentes. Avec l’écoute de mes morceaux de musique favoris et éclectiques, le rituel peut commencer et laisser place à mes recherches pour planter ma toile.
Ma technique s’est affinée selon mon goût pour les tableaux aux rendus assez lisses. (comme peignaient beaucoup d’artistes classiques : écoles de Barbizon ou Crozant)
Je peins jusqu’à obtenir profondeur et volume par un travail très « léché »: j’empile de fines couches de peinture que je lisse à l’aide de liants avec des gestes amples et très dynamiques.Je dilue, empâte, retire ; le mélange des couleurs se fait toujours sur la toile, en direct : Ma palette ne sert qu’à choisir les teintes. Comme je ne dessine pas au préalable, le paysage se construit au fur et à mesure.
Mon procédé de création est le résultat des nombreuses années de recherches. Chaque toile subit mes essais, tentatives et réussites, produisant un paysage unique qui s’inscrit toujours dans mon univers.
De temps à autre, surgit un sujet ou une technique issu d’une émotion,d’un événement, d’un choc. Ces toiles-là sont des ovnis d’art brut qui parfois engendrent des découvertes dont je m’empare pour perfectionner le rendu de ce que contient mon imagination.
C’est là, de toute façon, le plus gros travail du peintre, extraire le mental et le rêve pour les poser, matières vivantes, sur du lin ou du coton.
L'Impromantisme
une fusion entre impressionnisme et romantisme
Caractéristiques des courants
Le Romantisme : Les Cinq « I »
Le romantisme, qui s'épanouit entre 1820 et 1850, se reconnaît notamment à travers les cinq « I » :imagination, intuition, individualité, idéalisme et inspiration. Ces valeurs fondatrices dessinent unemanière d'habiter le monde, où l'expérience intérieure et la quête de sens priment sur la simpledescription du réel. Elles structurent une approche artistique qui marque profondément le XIXe siècle.
L'Impressionnisme : La Révolution de la Lumière
L'impressionnisme, actif entre 1860 et 1890, révolutionne l'art en plaçant la lumière au centre de l'œuvre. Les artistes impressionnistes privilégient des couleurs pures et vibrantes, posées par touches rapides afin de produire des effets optiques et une sensation de mouvement. Les ombres se teintent de couleurs complémentaires, plutôt que de se réduire à des noirs ou des gris. L'objectif est de saisir l'instant fugitif, comme l'illustre *Impression, soleil levant* de Monet.
L'Impromantisme Contemporain
L'impromantisme, bien qu'inspiré de mouvements passés, s'adapte à l'époque contemporaine en choisissant des sujets liés à notre temps. Il invite à réfléchir à notre place dans la nature, au-delà des pressions individuelles et des injonctions de performance.
Pour les artistes, peindre afin de faire rêver le spectateur devant la beauté du monde environnant constitue une motivation majeure. Cette démarche les pousse à interroger leur rôle, leur responsabilité et leur manière d'être présents à cet environnement.
La réponse au dilemme de la démarche artistique
La pratique de l'impromantisme présente des défis, notamment en peinture à l'huile, qui exige un temps long et une attention soutenue. Les tableaux peuvent évoluer de manière significative entre le premier jet et le résultat final, au gré des reprises, des repentirs et des découvertes. Cela pose une question centrale : jusqu'où rester fidèle à l'idée initiale, face aux transformations inévitables du processus créatif ?
Deux Nouveaux « I » : L'Instant et L'Indépendance
Dans cette tension, l'impromantisme peut ajouter deux « I » qui répondent à la fois à l'héritage romantique et à la sensibilité impressionniste : L'Instant et L'Indépendance.
L'Instant, d'abord, rappelle que l'œuvre n'est pas seulement l'exécution d'un projet, mais une présence en train de se faire. Accueillir ce qui surgit sur la toile — une lumière inattendue, une harmonie nouvelle, une résistance de la matière — permet à l'artiste de demeurer authentique à ce qui est, plutôt qu'à ce qui était prévu.Cette attention au présent rejoint l'impressionnisme : capter l'éphémère, non comme un effet, mais comme une vérité du moment. Ainsi, la fidélité ne se mesure plus à la conformité, mais à la justesse de l'écoute.
L'Indépendance, ensuite, affirme la liberté de consentir à l'évolution du tableau. Elle n'est pas l'abandon de l'idée initiale, mais la capacité de choisir, à chaque étape, ce qui mérite d'être conservé, transformé ou dépassé. Ainsi, Instant et Indépendance résolvent la question : il ne s'agit ni de s'enchaîner à l'origine, ni de se dissoudre dans le changement, mais d'exercer un libre arbitre lucide dans chaque présent de la création.
De Racines composée en 2013 à Racines fleuries achevée en 2026
Exemple d'une toile illustrant le défi de la capture de l'Instant
sur un temps long, celui de la matière de la peinture et du ressenti de l'artiste
L'Impromantisme
une fusion entre impressionnisme et romantisme
Ma définition
« Que représente cette toile ? Impression ! Impression, j’en étais sûr. Je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans. »
Louis Leroy à propos de Impression soleil levant de Monet.
« Le romantisme n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. Ils l’ont cherché en dehors, etc’est en dedans qu’il était seulement possible de le trouver. Pour moi, le romantisme est l’expression la plus récente, la plus actuelle du beau. Qui dit romantisme, dit art moderne, - c’est à dire intimité, spiritualité,couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts. »
Charles Baudelaire, curiosités esthétiques – Salon de 1846
"Impromantisme : Démarche autodidacte, au croisement des courants impressionniste et romantique, indépendant des écoles contemporaines, puisant ses inspirations dans une recherche de couleurs et de lumière, poétique par essence littéraire ou le désir du peintre d’inviter le spectateur dans un paysage imaginé, souvent empreint d’une légère nostalgie joyeuse que les Japonais nomment Natsukachi et d’une atmosphère idéalisée propice aux rêveries et à la sérénité."
Marie Freisses alias Flamaelle
Les 7 grands I de la démarche :
Instant, Indépendance, Inspiration, Imagination, Intuition, Individualité et Idéalisme.





